pascalconvert

2021

Mémento Marengo

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Usinage de Marengo par impression 3D. Réalisation Sculpteo.



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Impression 3D squelette de Marengo réalisé par Sculpteo.



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Crédit War Army Museum. Légende Scan 3D de Marengo, Londres.



Pascal Convert est né en 1957 à Mont-de-Marsan. Il vit et travaille à Biarritz.

Quand on m'a proposé d'intervenir dans le cadre du bicentenaire de la mort de Napoléon, j'ai été honoré mais surtout stupéfait : autant mon travail artistique a porté sur des périodes historiques récentes, la Résistance par exemple, autant l’épopée napoléonienne était confuse dans mes souvenirs. La curiosité m’a conduit sur le chemin de la découverte. J’ai lu quelques biographies historiques, en particulier la Mémorial de Sainte-Hélène, j’ai regardé l’iconographie portant sur Napoléon Bonaparte. Mais je n’ai commencé à vraiment travailler qu’à partir du moment où je suis venu, pour la première fois, au Dôme des Invalides et, plutôt que de m’improviser expert de la période, je me suis laissé habiter par ce lieu très puissant.

Quand le visiteur entre dans le Dôme, son regard est aimanté : au lieu de lever la tête vers la voûte 90 mètres plus haut et vers les décors peints par Charles de Lafosse, il marche vers le centre de l’église de Louis XIV jusqu’à une margelle en marbre qui dessine un cercle de 23 mètres de diamètre, découpant le pavement en mosaïques anciennes et ouvrant sur un trou. Arrivé au bord de la balustrade, le regard plonge six mètres plus bas, aspiré vers le monumental tombeau en quartzite rouge qui repose sur une dalle de granit vert entourée de rayons solaires.

Ainsi la composition imaginée par l’architecte Visconti pour accueillir le tombeau de Napoléon produit une inversion des gestes effectués quand on entre dans une église : alors que le mouvement naturel est de lever les yeux au ciel vers la voûte, à la recherche d’un signe de lumière divine, ici on baisse les yeux et on s’incline vers l’empereur. Le soleil n’est plus en haut mais en bas.
Cette rotation de l’espace et de sa dimension symbolique, qui échange les places entre un roi de droit divin et un empereur, m'a conduit à m’intéresser à la question du ciel, en particulier aux cieux dans les tableaux qui représentent les batailles napoléoniennes, peut-être à la recherche d’ancestraux présages de victoire ou de défaite. Le format panoramique des tableaux de Louis-François Lejeune qui se trouvent aujourd’hui au château de Versailles rend particulièrement présent le ciel. C’est en observant ces œuvres que je me suis rendu compte de l’importance de la cavalerie durant les batailles napoléoniennes. La cavalerie française composée de 2.500 à 3.000 cavaliers à Marengo a augmenté de plus de dix fois pour atteindre 30.000 cavaliers lors de la bataille de Borodino. Ils étaient environ 23.000 à Waterloo. Victor Hugo décrit dans Les Misérables cette imbrication des « cavaliers et chevaux [qui roulent] pêle-mêle se broyant les uns les autres, ne faisant qu’une chair dans ce gouffre ». Chevaux et cavaliers souffrent et meurent ensemble. Cette fusion des émotions donne une dimension archaïque aux liens qui se tissent entre eux. J’ai découvert toute une mythologie autour des chevaux de Napoléon. Le plus célèbre, baptisé Marengo, a été capturé lors de la bataille d’Aboukir. C'est un petit cheval Arabe-Barbe originaire du Maghreb, race qui avait la préférence de Napoléon du fait de son endurance. Marengo est le cheval avec lequel Napoléon a mené le plus grand nombre de combats : Marengo, Iéna, Wagram, Moscou, la retraite de Russie, Waterloo. À l’issue de cette dernière bataille, Marengo a été capturé par les troupes de Wellington et conduit en Angleterre. Considéré comme un trophée de guerre, une légende s’est immédiatement construite autour de lui. Exposé à de multiples reprises, il est devenu une attraction, on payait pour le voir ou même le monter. En 1831, à sa mort, il fut conservé comme une relique sacrée. Dépecé et réarticulé, son squelette est aujourd'hui conservé au National Army Museum à Londres.

Le destin de Marengo m’a rappelé certains rituels ancestraux qui voulaient que les combattants soient enterrés avec leur monture, comme on le voit pour la tombe gauloise des cavaliers de Gondole, pour celle de la nécropole de Piovego à Padoue - ou des rituels plus récents : il existe une photographie prise dans l’Altaï qui montre une tombe surmontée de poteaux en pyramide au sommet desquels est suspendue la dépouille d'un cheval, comme un véhicule céleste qui porterait l'esprit du défunt vers d'autres combats. Cette photographie est certainement à l’origine de mon projet de suspendre le squelette de Marengo au-dessus du tombeau de Napoléon. Ramener le cheval de la dernière défaite vers la tombe de son cavalier accomplit un rituel. La position du squelette évoque Pégase, cheval de l’envol et de la chute du demi-dieu Bellérophon, victime de la colère de Zeus. Le Bellérophon est d’ailleurs le nom du bateau anglais sur lequel Napoléon a été embarqué à Rochefort après sa reddition. J’avais aussi en mémoire une autre référence, celle du cheval blanc suspendu en haut d’un pont articulé, dans le film de Serguéi Eisenstein, Octobre.

J’aurais préféré qu’on puisse suspendre la relique originale mais sa fragilité rendait la chose impossible. J’ai donc demandé à mes amis de la société Iconem, avec lesquels j’ai travaillé en Afghanistan et en Arménie, de réaliser un scan 3D du squelette. Nous étions en période de confinement, ce qui rendait le déplacement difficile, et je me suis vite rendu compte qu’une relique de guerre est un trophée dont le pays vainqueur ne se défait pas facilement. Une équipe anglaise a donc fait le scan de cet élément symbolique de leur victoire à Waterloo, et, avec Iconem et CHD Art Maker, nous en avons tiré un fac-similé quasi parfait.

Cette empreinte numérique permet que l’objet soit physiquement présent, double de l’original et fantôme revenant de Marengo. L’arrivée dans le dôme de ce squelette articulé, suspendu à hauteur de regard au-dessus du tombeau de l’empereur, introduit une légèreté dans l’espace architectural glorieux imaginé par Jules Hardouin-Mansart. La légèreté des os, leur finesse, leur articulation vectorisent l'espace qui est comme redessiné au trait, rappelant que toute vie reste une esquisse. Dans cette architecture massive et immobile qui est celle d’un tombeau, un objet tremblant vient perturber la pompe qui accompagne les défunts illustres. Memento Marengo n’est pas une statue majestueuse mais le blanc dessin d’un destin.

L’association avec sa monture, en passant par l’animalité, ré-humanise le cavalier. Comme la suspension d’un objet de taille modeste, d'un vraiment petit cheval, bloque le regard et ré-humanise l'espace. Rendre à l’histoire son échelle humaine ne lui enlève rien de sa grandeur. Cela peut permettre au contraire de comprendre que nous en sommes, parfois à notre corps défendant, les héritiers directs. Dans notre société qui souhaite évoluer vers un fonctionnement démocratique plus horizontal, les processus de symbolisation sont le plus souvent perçus comme autoritaires et peu capables de construire du commun. Or, la réalisation du Monument à la mémoire des résistants et otages fusillés au Mont Valérien entre 1941 et 1944 m’a fait comprendre que ce processus soulève des conflits enfouis, seul chemin fertile pour produire du commun.

Le travail artistique ne consiste pas à imposer quelque chose, c'est-à-dire une visibilité, à tout prix. Memento Marengo est un objet dialectique pour réfléchir au processus de symbolisation, selon moi.

Ces propos sont extraits d’une conversation avec Éric de Chassey, le 17 décembre 2020 dans le Dôme des Invalides.


Entretien Marengo Version Française

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Pascal Convert was born in 1957 in Mont-de-Marsan, France. He lives and works in Biarritz.

When I was asked to contribute to the bicentenary of Napoleon's death, I felt honoured but mainly surprised. As an artist I had worked on subjects from more recent history, for example the French Resistance in the Second World War, whereas the Napoleonic era was a grey area for me. However, I was intrigued and this led me to do some research. I read some biographies, including the famous Memorial of St. Helena, and I looked at the iconography of Napoleon Bonaparte. But while I might have tried to pass myself off as an expert in the field, it was when I came to the Dome of the Invalides and immersed myself in the powerful atmosphere of this special place that I started working properly on the commission.

When you enter Louis XIV’s church, your gaze is immediately drawn to one spot. Rather than look up at the cupola 90 metres above with Charles de La Fosse’s composition featuring Saint Louis, you proceed straight to the centre of the church, up to the marble edge of a circular opening cut into the floor of polychrome mosaics and 23 metres in diameter. Once at the balustrade, your gaze plunges down six meters, pulled towards the monumental red quartzite tomb resting on a green granite base surrounded by the rays of the sun.

Visconti’s architectural design for the installation of Napoleon’s tomb therefore causes you to do the opposite of what you usually do when you enter a church. Normally you would look upwards towards the vault, in search of a sign of divine light, whereas here you lower your gaze and bow down to the emperor. The sun is now no longer above but below. Thanks to the reversal of the space and with it the symbolism, the emperor has changed places with the dome’s divinely ordained king. This led me to take an interest in how the sky is represented in art, especially in paintings depicting Napoleon’s battles, wondering if I might find a sign foretelling victory or defeat. The sky is notably present in the panoramic paintings by Louis-François Lejeune on display at the Château of Versailles. While looking at these artworks I became aware of the significance of the cavalry in Napoleon’s battles. The French cavalry consisted of between 2,500 and 3,000 horses at the Battle of Marengo, but this had increased tenfold by the time of Borodino which featured a 30,000-strong cavalry. There were about 23,000 cavalry at Waterloo. In Les Misérables, Victor Hugo describes the cavalry falling into a ravine: ‘Horses and riders plunged chaotically into the abyss, crushing each other and forming one mass of flesh’. They suffer and die together. This emotional fusion of horse and rider reflects the ancient tradition of the close ties between them. I also encountered the full mythology surrounding Napoleon’s horses. The most famous of them, to be named after Marengo, had been captured at the Battle of Abukir. He was a small Arab stallion from the Maghreb, a breed favoured by Napoleon because of its stamina. Marengo became the horse Napoleon rode on the most campaigns: Marengo, Jena, Wagram, Moscow, the retreat from Russia and Waterloo. The final defeat saw Marengo’s capture by Wellington’s army and his transfer to England as a war trophy. A legend immediately arose around him and he was often put on show, becoming an attraction, with people paying to see him or even to ride him. At his death in 1831 he was preserved like a sacred relic, dismembered and rearticulated, and his skeleton is now kept at the National Army Museum in London.

Marengo’s afterlife reminded me of certain ancient rituals where warriors were buried with their horses, as seen at the Gondole Oppidum, a Celtic burial site near Clermont-Ferrand, and the Piovego Necropolis at Padua. There is also a photo taken about a century ago in the Altai Mountains in central Asia, showing a tomb surmounted by poles forming a pyramid from the top of which hangs the skin of a horse, as if to carry the spirit of the deceased warrior into future battles. This particular photo is undoubtedly the reason why I decided to suspend the skeleton of Marengo over the tomb of Napoleon. To bring the horse from the final defeat to the tomb of his rider is to perform a ritual. Meanwhile the position of the skeleton brings Pegasus to mind, the legendary winged horse that played a role in the downfall of the demigod Bellerophon. Incidentally, Bellerophon was the name of the ship on which Napoleon was taken from France at Rochefort, after his surrender. There was another reference in my mind as well: the white horse hanging from the raised bridge in Sergei Eisenstein’s film October.

Ideally we would have been able to use the original relic but its fragility meant that suspending it was impossible. So I asked my friends at Iconem, a company I’ve worked with on projects in Afghanistan and Armenia, to carry out a 3D scan of the skeleton. Being in a lockdown meant that travelling to London was difficult and also I soon realised that a war relic is a trophy that the winning side is reluctant to give up. In the end an English team handled the scan of this symbolic memento of their victory at Waterloo and then Iconem and CHD Art Maker helped us produce an almost perfect facsimile.

This digital impression means that the object is physically present, both as the original’s double and the returning ghost of Marengo. The arrival in the church of this articulated skeleton, suspended at eye level above the emperor’s tomb, brings fragility to the lavish architectural space designed by Jules Hardouin-Mansart. The intricacy and finesse of the bones, together with their articulation, transform the space over the tomb into a drawing, reminding us that every life is still a sketch. Over the motionless sculpted mass of the glorious tomb hovers a shaking object, intruding on the pomp that accompanies the illustrious dead. Rather than a majestic statue, in Memento Marengo we have a drawing, in white, of a singular destiny.

The rider is made human again by contact with animality through the horse. The space is made human again by the suspension of a modestly sized object, a very small horse, that blocks our gaze. Giving back to history its human scale doesn’t destroy its grandeur. It can help us understand that we are history’s direct descendants, sometimes in spite of ourselves. Currently our society is looking to move to a more equitable form of democracy, while grandiose symbolic meanings are suspected of being imposed from above and little able to contribute to the community that we are seeking to form. Twenty years ago, however, when I worked on the Monument to the Memory of Resistance Fighters and Hostages Executed at Mont-Valérien between 1941 and 1944, I realised that engaging with the weight of the past brings buried conflicts to the surface and is in the end the only fruitful way to forge collective experience.

Artistic work should not be about imposing something visible at all costs. I hope that Memento Marengo will be seen as a dialectical object allowing us to reflect upon our past and the symbols we use to explain it.

Text based on a conversation between the artist and Éric de Chassey, Dome of the Invalides, 17 December 2020.


Entretien Marengo Version Anglaise

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Pascal Convert

Memento Marengo

Disarticulation and reconstitution using a 3D scan of the skeleton of ‘Marengo’ preserved at the National Army Museum, London.

Photogrammetric capture of the original skeleton of the horse, reconstruction of 3D model and 3D printing. Nylon, paint and varnish. 2021

A purebred Arab stallion with a white and light grey coat, Marengo (1794-1831) was captured by Napoleon Bonaparte during the Battle of Aboukir Bay in Egypt (1799). He became Napoleon’s favourite horse and was ridden at the battles of Marengo (1800), Austerlitz (1805), Iéna (1806), Wagram (1809), during the Russian campaign of 1812 and finally at Waterloo in 1815.

After being wounded for the fifth time, Marengo was captured on the evening of 18 June 1815 by Wellington’s army and taken to England. The Emperor’s celebrated horse was painted by several famous artists including Jacques-Louis David (1801), Antoine-Jean Gros (1803) and, in England, James Ward (1824).

By his death in 1831, Marengo had become a relic of war. He was disarticulated and then his reconstituted skeleton was displayed at the Royal United Services Institute in Whitehall until 1962. He was finally transferred to the new National Army Museum for its opening in 1971.

Article Le Figaro 10 février 2021


Désarticulation et reconstitution à partir du scan 3D du squelette du cheval « Marengo » conservé au National Army Museum à Londres Captation photogrammétrique du squelette original, reconstruction du modèle 3D, Impression 3D.Nylon, peinture, vernis. Fabrication Iconem et CHD Art Maker. 2021.

« Marengo » (1794-1831), pur-sang Arabe-Barbe à la robe d’un blanc gris clair, a été capturé par Napoléon Bonaparte en Égypte, lors de la bataille de la baie d’Aboukir (1799). Il est devenu le cheval préféré de Napoléon Bonaparte qui l’a monté durant plusieurs batailles victorieuses, Marengo (1800), dont il porte le nom, mais aussi Austerlitz (1805), Iéna (1806), Wagram (1809), durant la campagne de Russie de 1812 et enfin à Waterloo en 1815. Blessé pour la cinquième fois, il est capturé dans la soirée du 18 juin 1815 par les troupes de Wellington et emmené en Angleterre. Mythique cheval de l’Empereur, il a inspiré plusieurs peintres célèbres Jacques-Louis David (1801), Antoine-Jean Gros (1803), et, en Angleterre, James Ward (1824). À sa mort en 1831, devenu relique de guerre, “Marengo” a été désarticulé et son squelette reconstitué fut exposé jusqu’en 1962 au musée de la Royal United Service Institution à Whitehall. Il a été transféré au nouveau National Army Museum lors de son ouverture en 1971.


Disarticulation and reconstitution using a 3D scan of the skeleton of ‘Marengo’ preserved at the National Army Museum, London. Photogrammetric capture of the original skeleton of the horse, reconstruction of 3D model and 3D printing. Nylon, paint and varnish. Studio Iconem et CHD Art Maker 2021

A purebred Arab stallion with a white and light grey coat, Marengo (1794-1831) was captured by Napoleon Bonaparte during the Battle of Aboukir Bay in Egypt (1799). He became Napoleon’s favourite horse and was ridden at the battles of Marengo (1800), Austerlitz (1805), Iéna (1806), Wagram (1809), during the Russian campaign of 1812 and finally at Waterloo in 1815. After being wounded for the fifth time, Marengo was captured on the evening of 18 June 1815 by Wellington’s army and taken to England. The Emperor’s celebrated horse was painted by several famous artists including Jacques-Louis David (1801), Antoine-Jean Gros (1803) and, in England, James Ward (1824). By his death in 1831, Marengo had become a relic of war. He was disarticulated and then his reconstituted skeleton was displayed at the Royal United Services Institute in Whitehall until 1962. He was finally transferred to the new National Army Museum for its opening in 1971.

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Montage d’images/ Légende: Making of du scan 3D de l’impression 3D et de l’assemblage de Marengo.



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Crédit War Army Museum. Légende Scan 3D de Marengo, Londres.



Article Le Figaro 10 février 2021



Projet de sculpture pour le bicentenaire de la mort de Napoléon Musée National de l’Armée, Coupole des Invalides.

Selon l'historien Hérodote, « outre les chevaux ensevelis avec lui, le défunt peut être escorté de chevaux perchés ». C'est ce que nous apprend Carole Ferret dans son ouvrage sur les Chevaux qui accompagnent les morts en Asie intérieure.

Pour le bicentenaire de la mort de Napoléon, l’artiste Pascal Convert, reprenant ce rite antique qui veut que les chevaux accompagnent leur cavalier dans la mort, a imaginé le retour du squelette de Marengo sous le dôme des Invalides au dessus du tombeau de l’empereur.

Le nom de Marengo évoque la bataille victorieuse menée en Italie le 14 juin 1800 par Napoléon Bonaparte, premier Consul, et rappelle également la défaite de Waterloo, le 18 juin 1815.

Ce jour-là, celui qui était devenu empereur montait son cheval préféré, un cheval qu’il avait baptisé du nom de Marengo. Abandonné sur le champ de bataille, capturé par l’ennemi et emmené en Angleterre tandis que son prestigieux cavalier naviguait vers son exil à Sainte-Hélène, Marengo est devenu depuis près de deux siècles le symbole de la victoire anglaise contre Napoléon 1er.

A sa mort en 1831, telle une relique sacrée, son squelette a été conservé et est actuellement exposé au National Army Museum à Londres.

La fragilité de l’original ne permettant pas son déplacement une reproduction à l’identique sera réalisée pour l’occasion au moyen d’une captation photogrammétrique, de la reconstruction du modèle 3D et d’un usinage par impression 3D de très haute qualité avec finitions manuelles.

Cette rencontre unique de l’illustre cavalier avec la relique de sa monture aura lieu à partir du 5 mai 2021.

Elle a été permise par la collaboration entre le Musée de l’Armée (http://musee-armee.fr/), le National Army Museum (https://www.nam.ac.uk/), les sociétés Iconem (http://iconem.com/fr/), Factum Arte (www.factum-arte.com) et CHD Art Maker (www.chdartmaker.com)

Cette oeuvre sera présentée au dôme des Invalides à l’occasion de l’exposition Napoléon ? Encore ! organisée par le Musée de l’Armée du 7 mai 2021 au 31 janvier 2022.


Sculpture project for the bicentenary of Napoleon's death MNA, Coupole des Invalides.

In her study of the practice of burying horses with the dead in Inner Asia, the anthropologist Carole Ferret draws on Herodotus to explain that ‘a king was buried with horses and his tomb even guarded by horsesspecially arranged for the afterlife’.

For the bicentenary of Napoleon's death, the French artist Pascal Convert, taking up this ancient rite which involved horses accompanying their rider in death, has staged the return of the skeleton of Marengo under the dome of the Invalides in Paris, above the tomb of the Emperor.

The name Marengo conjures up First Consul Napoleon Bonaparte’s famous victory in Italy on 14 June 1800 and it also recalls his defeat at Waterloo on 18 June 1815.

On that occasion, the man who had become Emperor rode his favourite horse, Marengo, named after the earlier victory. Abandoned on the battlefield, captured by the enemy and taken to England while his distinguished rider sailed towards exile on Saint Helena, Marengo has been the symbol of the British victory against Napoleon I for nearly two centuries.

When Marengo died in 1831, his skeleton was preserved like a sacred relic and is currently on display at the National Army Museum in London. Since the fragility of the original does not allow it to be moved, an identical copy will be made by means of photogrammetric capture, reconstruction of a 3D model and 5-axis machining with manual finishing.

The unique encounter between this illustrious rider and the relic of his mount will commence on 5 May 2021.

It is taking place thanks to a collaboration between the Musée de l'Armée (http://musee-armee.fr/), the National Army Museum (https://www.nam.ac.uk/), Iconem (http://iconem.com/fr/), and CHD Art Maker (www.factum-arte.com) et CHD Art Maker (www.chdartmaker.com)

The work will displayed under the dome of the Invalides during Napoleon? Encore!, an exhibition organised by the Musée de l’Armée from 7 May 2021 to 31 January 2022.

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